
C’est une guerre d’usure que subit Emilie Hardouin depuis 11 ans. Cadre à l’AP-HP, elle a dénoncé un harcèlement moral et sexuel dans différents hôpitaux parisiens où elle était affectée, entre 2015 et 2019. Deux plaintes avec constitution de partie civile plus tard, soutenue par le Défenseur des Droits, cette agente du service public se dit placardisée et a appris que sa hiérarchie avait engagé un nouveau recours contre la protection fonctionnelle obtenue, de haute lutte, sur injonction du tribunal administratif. Off Investigation l’a rencontrée.
« Tout le monde est contre les violences faites aux femmes, tant que vous vous taisez, et surtout tant que vous ne portez pas plainte. » Ainsi débute Emilie Hardouin, quand elle raconte son quotidien au sein de l’AP-HP, l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris. Aujourd’hui, l’actualité donne une autre dimension à son récit : la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles (VSS) a été adoptée à l’Assemblée nationale le 13 octobre dernier et sera examinée par le Sénat en 2027. Comment la justice et l’AP-HP, son employeur, géreront-elles ce dossier à l’aune de la loi qui se profile ?
