Pompiers en colère
« Le sentiment d’être de la chair à canon »

UN POMPIER SURVEILLE UN INCENDIE A CLAOUEY, AU NORD DU BASSIN D'ARCACHON, LE 29 JUILLET 2026. | PHOTOGRAPHIE ROMAIN PERROCHEAU / AFP

Copieusement hué ce 17 août au Porge, commune de Gironde ravagée par un incendie en juillet, le Premier ministre Sébastien Lecornu tente de blanchir la responsabilité de son gouvernement dans la gestion des feux qui dévastent le pays. Pas de quoi faire retomber l’immense colère des soldats du feu, comme en témoigne Xavier Boy, porte-parole d’une alliance de neuf syndicats de sapeurs-pompiers, et président du FA/SPP-PATS*. Entretien.

Off Investigation : A ce jour, quel bilan tirez-vous de la gestion des dramatiques incendies de cet été ?

Xavier Boy : Je dirais que nous, sapeurs-pompiers, sommes globalement frustrés. Les événements de cet été ont à nouveau montré, de la plus évidente des manières, que nous manquons cruellement de moyens. Dans les années 1980, on montait les camions sur des trains pour les véhiculer jusque sur le terrain. Aujourd'hui, on envoie la plupart de nos véhicules sur la route, avec le personnel au volant, pour ensuite les envoyer directement au feu. On n'est même pas fichus d'envoyer le double d’effectifs pour faire du roulement dans les équipages.

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