Le parti de l’antisémitisme est à l’extrême-droite

JORDAN BARDELLA, A PARIS, LE 16 DECEMBRE 2024. | PHOTOGRAPHIE : XOSE BOUZAS / HANS LUCAS VIA AFP.

Paranoïaques, les médias Bolloré et le Rassemblement National se préoccupent davantage de l’existence d’une supposée « taupe » au sein du parti d’extrême-droite que des écrits antisémites de Jordan Bardella, révélés le 28 septembre par Médiapart. Une manière de tenir les débats loin d’une réalité qui traverse les époques : l’antisémitisme a toujours été inscrit dans les murs du parti lepéniste.

En politique, encore plus qu’ailleurs, c’est toujours la faute des autres. Et depuis la révélation par Médiapart des horreurs que Jordan Bardella aurait proférées dans sa jeunesse, le Rassemblement National (RN) fait la plus triste démonstration de cet adage. Difficile, pourtant, de faire plus accablant : « Les banques sont toutes tenues par des Juifs » ; « le Juif doit dominer les autres peuples, les écraser et les voler »… Dans ses jeunes années, le président du RN semblait reprendre à la lettre tous les poncifs de l’antisémitisme et du complotisme les plus crasses.

Sur les plateaux des médias Bolloré comme dans tout l’état-major du RN, il semble pourtant impossible de considérer une seule seconde la véracité de tels écrits. Journalistes, éditorialistes et autres porte-paroles lepénistes ont trouvé une autre manière d’occuper le terrain. Un : les journalistes de Médiapart seraient des menteurs – tant pis si beaucoup se sont cassés les dents après avoir joué cette carte par le passé. Deux : Bardella serait victime d’un complot, orchestré par un clan ou par un autre – ainsi Jean-Philippe Tanguy accusait, le 29 septembre, « la racaille antisémite » autrefois purgée du parti par Marine Le Pen d’être derrière la « barbouzerie ». Mais d’où que proviennent les informations de Médiapart, ces dernières ont le mérite d’éclairer une fois encore la plus sinistre des réalités : le parti de l’antisémitisme se situe bien à l’extrême-droite.

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