Violences sexuelles en Macronie

« Violences sexuelles en Macronie » (Léa Martinez, Off Investigation, février 2026)

Après avoir proclamé la lutte contre les violences faites aux femmes « grande cause du quinquennat » en 2017, Emmanuel Macron s’est montré particulièrement complaisant envers les violences sexuelles. Assistants parlementaires maltraités, même harcelés sexuellement par leurs députés ou sénateurs sans que les présidents de l’Assemblée nationale ou du Sénat ne réagissent, ministres ou grands donateurs de la campagne de 2017 protégés par l’Elysée malgré des plaintes pour viols… On ne compte plus les accusations et parfois condamnations pour des infractions sexuelles de proches de la Macronie.

Après 12 mois d’enquête et grâce à plusieurs témoignages exclusifs, la réalisatrice Léa Martinez a reconstitué minutieusement trois affaires emblématiques : la soumission chimique en 2022 de Sophie Conrad par Laurent Bigorgne, un proche d’Emmanuel Macron qui dirigeait alors l’institut Montaigne ; l’incroyable impunité parlementaire dont le député macroniste de Gironde Benoît Simian a bénéficié durant des années alors qu’il harcelait moralement son épouse et sexuellement sa collaboratrice parlementaire ; et le difficile combat de la députée Modem Sandrine Josso, victime d’une tentative de soumission chimique par son collègue sénateur Joël Guerriau, condamné depuis pour soumission chimique en vue de commetre un viol ou une agression sexuelle.

Off Investigation raconte aussi la lutte courageuse de Clara Achour contre la « victimisation secondaire ». Documentée depuis plusieurs années, cette tendance de la justice française consiste à infliger aux victimes de viols ou d’agressions sexuelles un second traumatisme en les maltraitant institutionnellement. Ce second traumatisme peut résulter de la durée excessive de l’enquête, de propos stéréotypés ou sexistes tenus durant les auditions, ou encore de l’attitude des professionnels du système judiciaire.

Cette maltraitance institutionnelle a conduit la France à être condamnée à plusieurs reprises par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Le tout dans un contexte où, comme le rappelle la magistrate Magalie Lafourcade, Secrétaire générale de la Commission Nationale consultative des droits de l’homme, une politique de lutte volontariste contre les violences sexuelles permettrait sans doute d’en diminuer significativement le nombre. À l’instar de la lutte contre la violence routière. Initiée par Jacques Chirac dans les années 1990, elle avait permis de diviser par quatre le nombre de morts sur les routes, le faisant passer en quelques années de 12 000 à 3000.

« Violences sexuelles en Macronie » est le nouveau documentaire de Off Investigation. Réalisé par Léa Martinez, il est réservé à nos abonnés jusqu’au 8 mars.