
La capture du président vénézuélien Nicolás Maduro à l’issue d’une opération militaire américaine spectaculaire n’a pas seulement bouleversé Caracas. Rarement un événement de politique étrangère aura autant exposé la fragilité du discours français sur le droit international, la souveraineté et l’usage de la force.
La première réaction présidentielle, publiée sur X le 3 janvier, jour de l’opération américaine contre le Venezuela, donne le ton. Emmanuel Macron choisit d’ouvrir la séquence par une lecture résolument morale : « Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir. »
Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir.
En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple.
La transition…
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) January 3, 2026
Cette phrase courte, qui apparaît politiquement confortable, permet de s’aligner sur un consensus occidental « Maduro dictateur ». Sans prononcer un seul mot sur la manière dont ce « débarrassage » a été obtenu. En se plaçant du côté du « peuple », le président s’abstient de commenter une intervention militaire étrangère, pourtant au cœur de l’événement.
