Souriez, vous êtes fichés

Un rassemblement contre le racisme devant la mairie de Saint-Denis, en Île-de-France, le 4 avril 2026.
Un rassemblement contre le racisme devant la mairie de Saint-Denis, en Île-de-France, le 4 avril 2026. | Photographie de Djoudi Hamani / Hans Lucas via AFP

Dans un livre éclairant, « Surveiller et ficher. Portrait d’un pays sous contrôle » (ed. Divergences), l’enseignant-chercheur Yoann Nabat revient sur l’histoire du fichage policier pour mieux raconter ses dérives liberticides, à l’heure de la surveillance de masse.

« La question du fichage policier nous concerne tous. » Dès les premières pages de son livre, Yoann Nabat, maître de conférences en droit privé à l’Université de Bordeaux, brise rapidement un malentendu tenace. Il n’y a pas d’« honnête citoyen » dans un « pays sous contrôle ». Ainsi, cette dernière décennie, près d’une vingtaine de dispositifs sécuritaires a été adoptée en la matière, principalement justifiée par la lutte contre le terrorisme. Si on n’a rien à se reprocher, pourquoi s’y opposer après tout ?

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