
Dans un livre éclairant, « Surveiller et ficher. Portrait d’un pays sous contrôle » (ed. Divergences), l’enseignant-chercheur Yoann Nabat revient sur l’histoire du fichage policier pour mieux raconter ses dérives liberticides, à l’heure de la surveillance de masse.
« La question du fichage policier nous concerne tous. » Dès les premières pages de son livre, Yoann Nabat, maître de conférences en droit privé à l’Université de Bordeaux, brise rapidement un malentendu tenace. Il n’y a pas d’« honnête citoyen » dans un « pays sous contrôle ». Ainsi, cette dernière décennie, près d’une vingtaine de dispositifs sécuritaires a été adoptée en la matière, principalement justifiée par la lutte contre le terrorisme. Si on n’a rien à se reprocher, pourquoi s’y opposer après tout ?
