Secret-défense : un ex-ingénieur de la DGSE devant la justice

Deux hommes au siège de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), l'agence de renseignement extérieur française. Paris, le 4 juin 2015. AFP PHOTO / MARTIN BUREAU

Quatre ans de prison ferme ont été requis contre un ancien ingénieur de la DGSE. Ce dernier aurait extrait frauduleusement plus de 10 000 fichiers classifiés, juste avant de rejoindre une entreprise aérospatiale allemande. L’intéressé nie toute « intention malveillante ».

« Si mon nom ou celui de mon employeur sortent dans la presse, je suis mort ». Coupe militaire, tiré à quatre épingle, Camille D. est très nerveux. Depuis le début de l’après-midi du 15 janvier, cet ancien ingénieur de la DGSE fait les cent pas dans les couloirs du tribunal judiciaire de Paris. Son avocate demande à ce que l’audience se déroule à huis clos. « Tout ce que je veux, c’est que les journalistes sortent de la salle », implore l’accusé. En vain. Le tribunal refuse sa requête.

Camille D. le sait : la séance promet de mettre ses nerfs à rude épreuve. Trois heures durant, l’introverti voit les magistrats épiloguer sur son parcours et sa personnalité. Ils rappellent que l’expert psychiatre a identifié chez lui des « capacités cognitives élevées », en même temps qu’un « affect plat » et des « traits autistiques de haut niveau ». Et soulignent que son ancien supérieur hiérarchique a mis en avant ses « compétences », que « la DGSE n’avait trouvé nulle part ailleurs ». Mais aussi son « incapacité à travailler en équipe ». Chaque mot s’abat brutalement sur l’intéressé.

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