Dans une version actualisée du documentaire « Autopsie d’un carnage » sur la violente répression de la manifestation contre la méga-bassine de Sainte-Soline en 2023, Off Investigation confronte deux points de vue : celui des manifestants et celui des forces de l’ordre.
C’était il y a trois ans. Le 25 mars 2023, la petite commune de Sainte-Soline dans les Deux-Sèvres était le théâtre d’une répression policière comme la France en a rarement connue. 3 500 gendarmes agissant sous l’autorité du ministre de l’Intérieur de l’époque, Gérald Darmanin, aujourd’hui garde des Sceaux, recevaient l’ordre de tirer à coups de lance-grenades sur 20 000 manifestants, dont des familles, venus protester contre la construction d’une méga-bassine. Cette dernière était réclamée par les grands exploitants agricoles de la région où beaucoup de maïs, très gourmand en eau, est cultivé, principalement pour l’exportation. Les manifestants répondaient, eux, à l’appel du mouvement « Bassines non merci », des Soulèvements de la terre et de la Confédération paysanne, inquiets de l’assèchement des rivières.
En violation des règles d’usage des armes et alors que la manifestation dégénère, des gendarmes mobiles vont viser les manifestants avec des tirs tendus, visant parfois même des blessés au sol. En près d’une heure trente, les forces de l’ordre emploieront plus de 5 000 munitions. Soit une munition par seconde. Le bilan est catastrophique : 240 blessés graves. Pire, alors que certains sont en détresse vitale, la préfète des Deux-Sèvres, Emmanuelle Dubée, interdira l’accès aux secours durant de longues heures. Malgré ce très lourd bilan, Gérald Darmanin niera tout dysfonctionnement.
Aujourd’hui, Off Investigation propose en avant-première à ses abonnés une version actualisée du documentaire « Autopsie d’un carnage » de Clarisse Feletin et Maylis Khider, initialement diffusé en mars 2024. Rebaptisé « Autopsie d’un mensonge d’Etat », ce nouveau documentaire est enrichi avec des images tournées par les caméras piétons des gendarmes mobiles telles que révélées par Mediapart et Libération début 2026. Il présente donc deux points de vue : celui des manifestants et celui des forces de l’ordre.
