
Une purge. Sur les chaînes de radio et télévision publiques, éditorialement pressurisées par l'exécutif, de nombreuses émissions dédiées à l'environnement ne seront pas renouvelées à la saison prochaine. Et la répression des défenseurs de la planète est (trop) souvent invisibilisée.
La liberté d’informer sur les problématiques environnementales se réduit à mesure que l'urgence climatique augmente. Cela commence en début de chaîne : au sein de l’Agence France Presse (AFP). Basée place de la Bourse, à Paris, elle est censée, grâce à son réseau de correspondants locaux, produire de l’information pour qu’elle soit reprise par la presse nationale, les radios et chaînes de télévision. « Avant la manifestation de Sainte-Soline, j’ai proposé au chef d’édition de l’AFP une longue enquête sur les mégabassines. Je proposais d’expliquer les différents enjeux économiques, hydrologiques, sociaux dus à la privatisation de l’eau », raconte un journaliste de l’agence qui a souhaité garder l’anonymat par peur des représailles. « Mon chef m’a répondu : “On ne prend pas parti. On ne fait pas dans le militantisme, ce n’est pas le rôle de l'AFP que de rentrer dans les détails". Il voulait en rester à interroger la Confédération paysanne d’un côté et la FNSEA, de l’autre côté », conclut ce confrère désabusé.