
Un contrat pour aider l’Ukraine à intégrer l’Union européenne rompu avant même le début de la mission. Un haut fonctionnaire français accusé par Kiev d’intelligence avec la Russie. Expertise France a été jugée devant les prud’hommes de Paris le 16 juillet dernier dans une rocambolesque affaire qui fleure bon la barbouzerie. Off Investigation a assisté à l’audience.
« On l’a empêché d’aller à Kiev. » Jean-Laurent Emod est l’avocat de Marc*, un haut fonctionnaire qui avait postulé pour un contrat de 18 mois au sein de l’agence Expertise France, du 1er mars 2025 au 1er août 2026. La mission consistait à épauler le gouvernement ukrainien dans sa démarche d’adhésion à l’Union européenne. L’Ukraine a en effet formellement demandé à rejoindre l’UE en février 2022, quatre jours à peine après le déclenchement de l’agression russe.
Accessible à tous, quoique discrète, cette offre d’emploi figurait sur le site d’Expertise France, l’« agence française de coopération technique internationale ». Cette dernière est financée à 100 % par des fonds publics issus de l’AFD (Agence Française de Développement) à laquelle elle a été intégrée en 2022. Ses ressources proviennent de l’Union européenne, du ministère des Affaires Etrangères, du ministère de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique ainsi que de la Banque publique d’investissement (BPI).
