
Inconnu du grand public, Philippe Bohn navigue dans les eaux troubles du pouvoir et des grands contrats passés en Afrique depuis une trentaine d’années. Cet ancien cadre d’Airbus, accusé par ses détracteurs d’utiliser son entregent pour se mettre en scène, clame être un intime des Kadhafi. Il a tout fait pour se rendre utile au président Sarkozy… avant que ce dernier ne le qualifie de « combinard ».
Marine Le Pen ou Jordan Bardella ? Le 7 juillet, la cour d’appel de Paris rendra sa décision dans l’affaire des assistants parlementaires du FN. En mars 2025, Marine Le Pen a été condamnée en première instance à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate. Si cette condamnation est confirmée, elle ne pourra pas se présenter en 2027, laissant le champ libre à Jordan Bardella.
A cette occasion, Off Investigation publie une enquête en deux épisodes consacrée à une vieille connaissance de Marine Le Pen, qui essaie de forcer la porte du RN : Philippe Bohn. Le parcours de cet ancien cadre d’EADS (devenue Airbus), ayant fréquenté la famille Kadhafi, donne à voir le spectacle d’anciens sarkozystes qui tentent désespérément de faire leur nid au sein du parti d’extrême droite.
Protocole des grands soirs à l’Elysée. Ce 10 décembre 2007, le chef de l’Etat libyen Mouammar Kadhafi vient de poser pied sur le territoire français pour la première fois depuis 34 ans. Le colonel a planté sa somptueuse tente bédouine dans le jardin de l’hôtel Marigny, à deux pas du Château. Une délégation de 400 personnes l’accompagne. Et du beau monde est annoncé à la réception que lui a réservée le président Sarkozy.
Ce soir-là, Philippe Bohn, papillonne entre les hauts-gradés du régime Kadhafi. Seuls les plus fins connaisseurs des intrigues libyennes sauraient reconnaître ce grand chauve très avenant, cadre chez la compagnie aéronautique EADS (devenue depuis Airbus). Il n’est pourtant pas du genre à raser les murs. Peu importe le contexte, Bohn a pour réputation de poser volontiers la main sur l’épaule des puissants. « C’est à peine s’il ne tapait pas sur le ventre des généraux libyens », se souvient l’un des invités du soir. « Il a un culot extraordinaire. Il peut donner l’illusion d’une intimité avec ses interlocuteurs qui va bien au-delà de la réalité. »
