
Sous le premier septennat de son ami François Miterrand, Gabriel Matzneff continue à parader boulevard Saint Germain avec de jeunes amantes âgées parfois de 14 ans, comme Vanessa Springora. Bien que des courriers scandalisés parviennent à la brigade des mineurs pour dénoncer cette situation, le célèbre écrivain ne sera pas inquiété.
Lors de la liaison interdite que Vanessa Springora et Gabriel Matzneff ont entretenue sous le premier septennat Mitterrand, il y a une chose qui interpelle, si on ose dire, c'est que l'écrivain ne l'ait pas été. Comment, alors qu'il couchait avec une gamine, a-t-il jamais été cueilli au saut du lit ? Pourquoi n'a-t-il pas été poursuivi ? Car la police était au parfum !
Dans « Le Consentement », Vanessa Springora évoque l'épisode. Un jour, dans un café près du jardin du Luxembourg, l'écrivain a la mine sombre. Il lui apprend une mauvaise nouvelle. La Brigade des Mineurs l'a convoqué... C'est un gros nuage qui assombrit l'horizon : « G. a passé l'après-midi à cacher toutes mes lettres, mes photos (et peut-être d'autres affaires aussi compromettantes) dans un coffre, chez un notaire ou un avocat. Le rendez-vous est fixé la semaine qui vient. Il s'agit de nous, de moi, forcément. La loi fixe la majorité sexuelle à quinze ans. Et je suis loin de les avoir atteints. La situation est grave. » (En réalité il a planqué les pièces à conviction chez des amis, dont il a tu le nom à sa petite maîtresse, on n'est jamais trop prudent avec les innocentes...). Plus loin, Vanessa Springora précise que l'écrivain sera convoqué à quatre reprises…