
Actuel rédacteur en chef de WikiLeaks, Kristinn Hrafnsson a accepté de s’entretenir avec Off Investigation sur l’actualité internationale. Proche de Julian Assange, ce journaliste islandais est celui qui s’est rendu en Irak pour enquêter sur les crimes de guerre de l’armée américaine révélés dans la célèbre vidéo « Collateral murder ». Après l’enlèvement du Vénézuélien Nicolás Maduro par les Etats-Unis, il dénonce les « tactiques mafieuses » de certains dirigeants du « monde libre ». Dans cette interview, il livre également son analyse de la politique étrangère américaine de ces deux dernières décennies, évoque l’horreur à Gaza, les manifestations en Iran, et nous donne des nouvelles de Julian Assange qui a fondé WikiLeaks en 2006, il y a vingt ans déjà !
Le 3 janvier 2026, Washington menait une opération militaire d’envergure sur Caracas, capitale du Venezuela. Dans la foulée, Donald Trump se vantait devant le monde entier d’avoir capturé le dirigeant Nicolás Maduro. Si cette intervention semble avoir suscité un effet de surprise générale, certains observateurs faisaient part, depuis plusieurs mois, de profondes inquiétudes sur le sort du Venezuela dans la conjoncture internationale actuelle.
Parmi eux, le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, a saisi la justice suédoise le 17 décembre dernier contre l’attribution du prix Nobel de la paix à la sulfureuse opposante politique vénézuélienne María Corina Machado. Moins de 48 heures plus tard, la presse internationale rapportait le refus des autorités suédoises de donner suite à cette plainte dans laquelle Julian Assange reprochait au comité d’attribution en question d’avoir transformé « un instrument de paix en instrument de guerre » (Cf. encadré).
De quoi l’agression militaire américaine au Venezuela est-elle le nom ? Vingt ans après sa création, quel regard porte WikiLeaks sur cet événement, et plus globalement, sur certaines évolutions majeures de la situation internationale ? Proche de Julian Assange, le journaliste islandais Kristinn Hrafnsson est l’actuel rédacteur en chef de cette plateforme fondée en 2006, qui a permis des révélations majeures sur les conflits les plus meurtriers de notre époque. Il a accepté de répondre aux questions de Off Investigation en exclusivité.
Pour commencer, quelle est votre réaction au rejet quasi immédiat, par la justice suédoise, de la plainte qu’avait déposée Julian Assange le 17 décembre dernier, contre l’attribution du prix Nobel de la paix à María Corina Machado ?
À ma connaissance, la personne qui a déposé la plainte pénale, Julian Assange, n'en a pas été officiellement informée, mais les agences de presse ont rapporté que celle-ci avait été rejetée. Compte tenu du caractère soudain de ce rejet (si cela s'avère exact), cela démontre un mépris total face à une préoccupation légitime. C'est typique du système judiciaire corrompu de Suède : ne pas répondre officiellement à la personne qui soulève une préoccupation grave et ne même pas prendre le temps d'évaluer correctement sa validité. Je suis sûr que M. Assange examinera les possibilités de faire appel de cette décision.
