« L’Elysée ne rigole plus » (Clara Menais, Off Investigation, septembre 2026)
De Nicolas Sarkozy à Emmanuel Macron en passant par François Hollande, de l’éradication de « l’esprit Canal + » par Vincent Bolloré à la reprise en main de l’audiovisuel public par Delphine Ernotte et Sibyle Veil lors du premier quinquennat Macron, « L’Elysée ne rigole plus », le nouveau documentaire de Off Investigation signé Clara Menais, explore la mise au pas des fous du roi dans l’audiovisuel public.
À l’heure où France Télévisions censure l’actrice Adèle Haenel pour avoir déclaré à l’antenne de la Grande Librairie, sur France 5, qu’« Israël commet un génocide à Gaza », notre nouveau documentaire, signé Clara Menais et consacré aux censures d’humoristes dans l’audiovisuel public, tombe à pic. Son nom : « L’Elysée ne rigole plus ».
Depuis une vingtaine d’années, nos présidents de la République tendent à développer des réactions épidermiques quand des « fous du roi », une vieille tradition française, pointent leurs travers. En 2009, Nicolas Sarkozy s’étrangle en entendant tous les matins Stéphane Guillon et Didier Porte moquer sur France Inter sa folie des grandeurs, sa passion pour le « bling bling » ou sa propension à provoquer la jeunesse des banlieues pour briller dans les sondages. Quand son courroux rejoint celui de Dominique Strauss-Kahn épinglé, lui, pour sa propension à agresser sexuellement des jeunes femmes, le locataire de l’Elysée initie un grand ménage à Radio France. Guillon et Porte seront évincés de la radio publique dès la mi-2010.
Sous ses airs de bonhomie et son appétence pour les blagues, François Hollande, tout socialiste qu’il est, a déminé le terrain pour faciliter la montée de Vincent Bolloré au capital de Vivendi, et donc sa prise de contrôle de Canal + qui avait moqué sa tendance à la polygamie.
Delphine Ernotte et Sibyle Veil cèdent tout à la macronie
Une fois l’esprit Canal + éradiqué, Delphine Ernotte et Sibyle Veil, dirigeantes respectives de France Télévisions et de Radio France, cèderont à toutes les pressions macronistes visant à mettre au pas les humoristes politiques qui tentent encore de résister au sein de l’audiovisuel public. Thomas VDB, Mathieu Madénian, MattShieu Longatte (« Bonjour tristesse »), Pierre-Emmanuel Barré, puis la « bande à Charline » (Vanhoenecker)… Tous seront virés, placardisés, ostracisés. Jusqu’au limogeage de Guillaume Meurice, pour une blague sur Benyamin Netanyahou validée par la justice, mais sanctionnée par Sibyle Veil, ancienne camarade de promotion d’Emmanuel Macron à l’ENA et nommée à la tête de Radio France en 2018. Auditions par la police, censures, évictions brutales, le film révèle les coulisses des principales censures d’humoristes opérées sous pression de l’exécutif dans l’audiovisuel public depuis 20 ans.
