
Alors que l’examen parlementaire de la très controversée proposition de loi Yadan a finalement été retiré le 16 avril du programme de l’Assemblée nationale, OFF republie son entretien avec l’éditorialiste à Politis et enseignant à l’IRIS Denis Sieffert. Spécialiste du Moyen-Orient, il livre une nécessaire mise au point sur les origines coloniales du génocide à Gaza. Dans « La mauvaise cause. Les intellectuels et la propagande israélienne en France » (ed. Lux), il expose les failles du discours dominant et les dangers d’un « glissement sémantique » qui entretiennent l’amalgame entre antisémitisme et antisionisme. (Article initialement publié le 5 février 2026).
Off Investigation : Dans votre ouvrage, vous analysez la propagande israélienne en France à travers plusieurs personnalités que vous nommez des « influenceurs », comme la rabine Delphine Horvilleur. Quelles différences faites-vous avec des « propagandistes » bien connus ?
Denis Sieffert : Les « propagandistes » sont quasiment des relais de l’armée israélienne que Bernard-Henri Levy, sans doute le plus connu, voit encore comme « l’armée la plus morale du monde ». Leurs propos sont très violents et radicaux. Ils manient la contre-vérité sans scrupule et avec beaucoup d’audace. Citons par exemple Caroline Fourest qui a longtemps contesté le nombre de morts à Gaza, qui dépasse au moins les 70 000 personnes à ce jour, ce que même le gouvernement israélien a fini par reconnaître.
