
Deux ans et demi après les attaques du 7 octobre en Israël, l’éditorialiste à Politis et enseignant à l’IRIS Denis Sieffert, spécialiste du Moyen-Orient, livre une nécessaire mise au point sur les origines coloniales du génocide à Gaza. Dans « La mauvaise cause. Les intellectuels et la propagande israélienne en France » (ed. Lux), il expose les failles du discours dominant et les dangers d’un « glissement sémantique » au moment même où une proposition de loi controversée, visant à « lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme », est débattue à l’Assemblée nationale .
Off Investigation : Dans votre ouvrage, vous analysez la propagande israélienne en France à travers plusieurs personnalités que vous nommez des « influenceurs », comme la rabine Delphine Horvilleur. Quelles différences faites-vous avec des « propagandistes » bien connus ?
Denis Sieffert : Les « propagandistes » sont quasiment des relais de l’armée israélienne que Bernard-Henri Levy, sans doute le plus connu, voit encore comme « l’armée la plus morale du monde ». Leurs propos sont très violents et radicaux. Ils manient la contre-vérité sans scrupule et avec beaucoup d’audace. Citons par exemple Caroline Fourest qui a longtemps contesté le nombre de morts à Gaza, qui dépasse au moins les 70 000 personnes à ce jour, ce que même le gouvernement israélien a fini par reconnaître.
