Décharges sauvages : la fabrique du doute de Nestlé Waters

Les avocats de Nestlé Waters s'entretiennent avant l'audience préliminaire du procès du groupe suisse, au palais de justice de Nancy, le 23 mars 2026.
Les avocats de Nestlé Waters s'entretiennent avant l'audience préliminaire du procès du groupe suisse, au palais de justice de Nancy, le 23 mars 2026. | Photographie Jean-Christophe VERHAEGEN / AFP

A l’issue de scandales retentissants, la multinationale suisse Nestlé vend pour environ 3 milliards d’euros la moitié de sa filiale Nestlé Waters (Perrier, Hepar, San Pellegrino, Vittel…) au fonds d’investissement américain Platinum Equity. Pour l’occasion, les deux sociétés vont créer une entreprise conjointe baptisée Peranel qui devrait voir le jour au premier semestre 2027 et être valorisée à 4,9 milliards d’euros. 

Cette cession intervient alors que Nestlé Waters est empêtrée dans des dossiers judiciaires à risque qui ont plombé son image de façon irrémédiable. Il y a d’abord l’affaire dite « des eaux minérales françaises » où Nestlé Waters a eu recours à des traitements interdits de l’eau. Mais aussi l’affaire des décharges sauvages qui ont engendré une méga pollution aux microplastiques dans les Vosges. Le tribunal correctionnel de Nancy a jugé cette affaire du 23 au 27 mars dernier et rendra sa décision le 7 octobre prochain.

Off Investigation republie cet article initialement paru le 3 avril 2026 et consacré aux méthodes de Nestlé Waters, notamment devant les tribunaux.

Au cours d’un procès rocambolesque, du 23 au 27 mars dernier, la défense de la multinationale Nestlé Waters a, sur un simple vice de forme, mis à mal trois ans d’enquêtes accablantes concernant ses décharges sauvages dans les Vosges. Une manière aussi de mieux tordre la réalité d’une grave pollution aux microplastiques, documentée par plusieurs expertises dont celle qu’elle a mandatée avant d’en réinterpréter les résultats.

C’était un procès très attendu. Devant le tribunal correctionnel de Nancy (Meurthe-et-Moselle), du 23 au 27 mars dernier, la multinationale Nestlé Waters était poursuivie pour avoir, entre 2016 et 2024, abandonné illégalement et dissimulé plus de 470 000 mètres cube de déchets, principalement des bouteilles en plastique et en verre. L’équivalent de 120 piscines olympiques réparti dans neuf décharges sauvages, dont quatre enfouies, situées aux abords de ses usines d’embouteillage des Vosges produisant ses marques Vittel, Contrex et Hépar.

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