Dans l’édition, l’extrême droite sur tous les fronts

Dans l’édition, l’extrême droite sur tous les fronts  | Crédits : AFP (Thomas Samson, Eric Feferberg, Joel Saget)

Avec le rachat de Hachette Livre par Vincent Bolloré en 2023, le « libéralisme autoritaire » a fait une entrée fracassante dans l’édition. Loin d’être attaché à la seule figure du milliardaire breton, le phénomène a pris source au cœur d’un écosystème du livre coincé entre une concentration féroce et une porosité aux idées néoréactionnaires des grandes maisons. En face, des éditeurs engagés résistent, tant bien que mal.

Que des oligarques, dont les fortunes ont été bâties loin de la presse et de l’édition, s’accaparent l’information et les livres n’est pas chose nouvelle. Que des oligarques s’en servent pour mener ouvertement une croisade néoréactionnaire est en revanche inédit. Déjà visible dans les médias, ce double jeu déferle maintenant sur le secteur de l’édition.

Cette vague repose en premier lieu sur une perméabilité croissante des grandes maisons d’édition à ces idées. Un exemple : si le catalogue des éditions du Seuil demeure résolument ancré dans l’humanisme, Mediapart a révélé les liens de son actionnaire principal, Vincent Montagne, propriétaire de Média-Participations, 3e groupe d’édition français, avec des réseaux catholiques traditionnalistes. Cette proximité idéologique l’a notamment amené à proposer plusieurs textes controversés et contestés au Seuil, qui n’a pas donné suite, dont l’un co-écrit par Michel-Yves Bolloré, frère « de » et membre de l’Opus Dei, visant à prouver l’existence scientifique de Dieu.

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