Contrats illégaux à France Télévision
Quand Ernotte précarise les petites mains du numérique

A France.tv slash, l'offre 100% numérique lancée par Delphine Ernotte en 2018, beaucoup de journalistes sont employés illégalement en CDDU (Photo France Télévisions)

Le virage numérique voulu par Delphine Ernotte à France Télévisions se fait au prix d’une précarisation effrénée de jeunes journalistes. Selon nos informations, plusieurs dizaines sont embauchées en CDD d’usage (CDDU) via des prestataires extérieurs. Problème : ces contrats précaires sont en principe interdits pour des journalistes assurant des missions pérennes. 

 « Dans l'hôtellerie, la restauration ou l'aide à domicile, c'est le contrat roi : le CDD d'usage (CDDU), un contrat renouvelable à l'infini. » En ce début 2019, le JT de France 2 a choisi de dénoncer les contrats d’usage (CDDU), ces contrats à durée déterminée particuliers qui permettent à un employeur d’embaucher un salarié pour l'exécution d'une tâche précise et temporaire, et qui peuvent être renouvelés à l’infini.

Mais ce que ce reportage de France 2 ne mentionne pas, c’est que France Télévisions… adore ce genre de contrat. Selon nos informations en effet, la télé publique, emploie depuis des années via des prestataires extérieurs plusieurs dizaines de jeunes journalistes en « CDD d’usage ».

Une sous-traitance qui fait déjà florès à Radio France où selon le SNJ, près de 31 journalistes de France Bleu sont employés en CDDU par Eden Press, un prestataire extérieur. Début juin, des journalistes de la radio publique ont décidé d'interdire la diffusion de leur image pour protester contre cette précarisation de leurs jeunes collègues externalisés

À l’instar de Radio France, France Télévisions contournerait également le droit du travail en abusant des CDDU. En 2019, Delphine Ernotte avait en effet promis la suppression de 1000 postes nets d’ici à 2022. Comment atteindre cet objectif tout en prenant le virage du numérique ? En externalisant les jeunes fraîchement sortis des écoles de journalisme. Une manière de contourner le statut confortable de France Télévisions. 

Des contrats de travail illégaux à France TV Slash

À France TV Slash notamment, l’offre 100 % numérique lancée en grande pompe par la patronne de France Télés en 2018, la quasi-intégralité des journalistes du pôle éditorial (même la rédactrice en chef !) sont employés via des CDDU. Le reste des troupes, soit la direction artistique et les graphistes, sont rémunérés en tant qu’intermittents du spectacle. 

« Sur les formats numériques, la direction de France Télévisions cherche systématiquement à embaucher via des agences externes ou via sa filiale France TV Studio. » Nous a confirmé Antoine Chuzeville, délégué SNJ France Télévisions, qui précise :  « Ce sont des salariés que l’on ne peut pas défendre, car ce sont des entités différentes de France Télévisions. » 

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