Climat : des militants baissent les bras sous pression de la justice

Des policiers français interpellent un militant d'Extinction Rebellion à l'aéroport de Paris-Le Bourget le 23 septembre 2022.
Des policiers interpellent un militant d'Extinction Rebellion à l'aéroport de Paris-Le Bourget le 23 septembre 2022. | Photographie Emmanuel DUNAND / AFP

Alors que le bilan du nombre de victimes de la canicule en cours est inconnu, il y a d’ores et déjà un constat que les citoyens peuvent faire : le pouvoir politique les a abandonnés. Depuis la canicule de 2003 qui causé le décès de 15 000 personnes, qu’ont fait les gouvernements successifs des présidents Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron pour protéger la population des chaleurs extrêmes ? Rien ou si peu. A chaque épisode de chaleur, les politiques jouent la surprise et gèrent la situation comme s’il s’agissait d’une crise de plus.

Pourtant, depuis des années, les défenseurs de l’environnement, la jeunesse engagée dans la lutte contre le réchauffement climatique et le monde scientifique crient à la catastrophe à venir. Et maintenant qu’elle est là, dans une inversion stupéfiante des priorités, on assiste à un étouffement judiciaire sournois des voix militantes. Celles-là même qui tirent la sonnette d’alarme et supplient les décideurs politiques d’agir avant qu’il ne soit trop tard.

Off Investigation republie cet article initialement paru le 24 mars 2026.

Depuis 2019, on compte plus de 320 procès de défenseurs de l’environnement. Off Investigation a enquêté sur cette répression qui ne dit pas son nom.

« Il n’y a ni soutien, ni dialogue. J’ai demandé des rendez-vous d’urgence, avec l’appui du Premier ministre et de la nouvelle ministre de l’Ecologie, pour faire le point sur la situation. La seule réponse est : 'je vous conseille de déposer plainte'. Mais pourquoi, quand on le fait, il n’y a jamais de suite ? » Le président de FNE (France Nature Environnement), Antoine Gatet, ne décolère pas face au silence assourdissant des ministères de l’Intérieur et de la Justice concernant les agressions subies par les membres de sa structure qui fédère 6 329 associations.

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