Canicule aux urgences : « On fait de la médecine dégradée »

Médecin urgentiste à Paris et élue de Seine-Saint-Denis, Sabrina Ali Benali à Montreuil (93) le 16 juin 2024. | Photographie Sameer Al-Doumy / AFP

Elue de la France Insoumise à Montreuil (93), le Dr. Sabrina Ali Benali est médecin urgentiste dans un grand hôpital parisien. Auprès de Off Investigation, elle exprime sa « colère » vis-à-vis d'un système hospitalier exsangue et inadapté aux fortes chaleurs. Entretien.

Off Investigation : Concrètement, à quoi ressemble un service d'urgences pendant une canicule ? 

Sabrina Ali Benali : Dans l'hôpital dans lequel je travaille, au moment de la canicule [de juin 2026], le flux de patients a augmenté de 20%. La majorité des hospitalisations de jour et les interventions non-urgentes ont été déprogrammées afin de pouvoir héberger le plus de patients possible dans des chambres. En temps normal, on a déjà très régulièrement des patients des hôpitaux parisiens qui passent toute une nuit sur un brancard, dans le passage. A cause des fortes chaleurs, nos conditions de travail sont encore plus dégradées : dans les étages où il fait 40°C, les collègues travaillent littéralement dans un four. 

Abonnez-vous pour voir ce contenu

Connexion