
À l'été 2020, la publication de plusieurs ouvrages dénonçant les complaisances pédophiles d'une partie de l'intelligentsia (notamment Le consentement, que Vanessa Springora, ancienne amante de Gabriel Matzneff, a fait publier chez Grasset) incite plusieurs organisations à monter au front contre la pédocriminalité. Dans ce contexte, une plaque honorant Guy Hocquenghem, figure de la communauté homosexuelle, va être souillée par un collectif féministe l'accusant d'avoir promu la pédophilie. Dernier épisode de notre série "Matzneff, un pédophile au coeur de la République".
En 1971, après avoir vécu dans les années 1960 une histoire d’amour avec René Schérer, son professeur de philosophie au lycée Henri IV, Guy Hocquenghem est un des fondateurs du Fhar, le Front homosexuel d'action révolutionnaire. Hocquenghem devient également écrivain et journaliste. De 1975 au milieu des années 1980, il officie à Libération. A cette époque, sous la direction de Serge July, souffle dans les voiles un vent de pédophilie et Libé met la vapeur. Les lecteurs sont invités à participer.
Le 20 juin 1981 est publié dans Libé un témoignage qui fait date. Le témoin se prénomme Benoît. Le journal présente son invité sous un jour radieux : « Quand Benoît parle des enfants , ses yeux sombres de pâtre grec s'embrasent de tendresse »