
Lancé il y a onze mois par l’Elysée, ce grand chantier sur le droit à l’information a pris fin le 12 septembre. Résultat : quinze timides propositions du « comité de pilotage », souvent éloignées des rapports des groupes de travail beaucoup plus intéressants. Cette volonté de ne bousculer ni les pouvoirs politiques ni les oligarques des grands médias privés laisse peu de place à la défense d’un journalisme indépendant. Off investigation publie ci-dessous l'analyse de François Bonnet, co-fondateur de Mediapart et président du Fonds pour une presse libre (FPL).
« Caramba, encore raté ! », pourrait-on s’exclamer à la lecture du long rapport (351 pages, à lire ici) de conclusion des Etats généraux de l’information (EGI), rendu public jeudi 12 septembre. Ce n’est pas vraiment une surprise. Dès le lancement, le 3 octobre 2023, de cette grande machinerie conçue à l’Elysée pour faire mine de répondre aux conflits qui se sont multipliés dans la presse ces dernières années, le Fonds pour une presse libre avait fait part de ses critiques : sur la méthode (le bon vouloir de l’Elysée), le périmètre (trop large) et le calendrier (trop long). Un énième grand débat pour ne pas répondre aux urgences…