
EXCLUSIF. Docteur en géopolitique, arabophone et membre de Arche Suisse beyond borders (ASBB, une ONG aidant les humanitaires et les travailleurs sociaux à prévenir et surmonter les problèmes liés au stress), Isabelle Feuerstoss a longtemps vécu en Syrie et y conserve des attaches familiales. Officier de réserve de l'armée française, elle a mis en place pour le compte du Comcyber (Etat major des armées) un observatoire du cybermonde arabophone (oca). Elle lance un cri d'alarme sur la gravité du drame humanitaire qui frappe les Syriens depuis le déclenchement de la guerre, en 2011. Le bilan du conflit, près de 400 000 morts, a été aggravé par les sanctions internationales qui frappent le régime de Bachar El Assad.
Jean-Baptiste Rivoire : Bonjour Isabelle Feuerstoss, merci de nous éclairer pour Off Investigation. Est-ce que vous pouvez nous dire un petit mot de la situation en Syrie avant même le tremblement de terre ?
Isabelle Feuerstoss : Bonjour, il faut déjà savoir qu'on ne peut plus parler de la Syrie comme d'une entité unique, souveraine et indépendante. On a une multitude de Syrie. Ce qu'il faut simplement retenir, c'est qu'avant le tremblement de terre, la population, quelle qu'elle soit et où qu'elle se trouve, souffrait énormément. Elle souffrait de tout, notamment du manque de nourriture et d'électricité. Il faut savoir qu’il n'y a pas plus d’une à deux heures d'électricité par jour un peu partout sur le territoire syrien. Dans les campagnes, il n’y en a encore moins. Il n'y a pas de gaz. C'est une catastrophe humanitaire qui était en cours avant même l'arrivée de ce terrible séisme.