
Depuis plus de 20 ans, l'Union Européenne (UE) et le Mercosur (qui représente actuellement l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay) négocient en toute opacité un traité de libre-échange. Côté européen, les négociations en cours sont pilotées par la Commission d'Ursula von der Leyen. La perspective d'une signature de cet accord exacerbe des divergences entre plusieurs Etats membres. Pour y voir plus clair, nous avons interrogé l'économiste David Cayla, auteur de « La gauche peut-elle combattre le néolibéralisme ? », éd. le Bord de l'eau, 2024.
Entretien avec David Cayla, économiste à l’université d’Angers et chercheur au Granem (Groupe de Recherche Angevin en Économie et Management). Propos recueillis par Antonin Hamburger.
L’accord de libre-échange entre les pays du Mercosur et l'Union européenne a pour but de libéraliser les relations économiques entre les pays du Mercosur et l'Union européenne. Par quels moyens ?
David Cayla : Il y a plusieurs moyens. Comme tout accord de libre-échange, il implique la baisse, voire la disparition des droits de douane entre les pays des deux organisations. L’idée, c’est que cette suppression soit la plus large possible, sur quasiment tous les produits.